Actualité de la météo,de l'astronomie et de la sciences à la une du jour

 

Retrouvez toutes notre Actualité a la une du jour en Astronomie et Métérologie et de la sciences

 

Actualitées astronomie et meteorologie

  • LE 19.02.2020: Actualité de la météo,de l'astronomie et de la science/ Kinéis : une constellation de nanosatellites 100 % française d’ici 2022

    Kinéis : une constellation de nanosatellites 100 % française d’ici 2022

     

     

    Céline Deluzarche

    Journaliste

    La start-up toulousaine Kinéis ambitionne de devenir le premier opérateur européen d'une constellation de nanosatellites. Son directeur général, Alexandre Tisserant, nous explique les avantages de sa technologie « unique au monde ».


     

    D'ici 2022, les 25 nano-satellites de Kinéis viendront s'ajouter aux milliers d'autres satellites de télécommunications orbitant autour de la Terre. Mais cette constellation sera 100 % française et s'appuie sur une technologie différente qui lui permet de proposer ses services à un coût modique.

    Spin-off de CLS, leader mondial en télémétrie et observation de la Terre par satellite avec ses célèbres balises Argos, la start-up toulousaine Kinéis vient de lever 100 millions d'euros pour financer son développement. Son atout : partir d'un système qui a fait ses preuves, à savoir le système Argos déjà déployé sur 7 satellites. Kinéis s'appuie par ailleurs sur des partenaires de référence : Thales Alenia Space et Syrlinks s'occuperont du système embarqué et des stations au sol, tandis que la PME toulousaine Héméria construira les nano-satellites. À première vue, cette constellation n'impressionne guère par rapport aux milliers de nanosatellites que veulent déployer SpaceX ou OneWeb. Mais elle offre pourtant des réels avantages, comme nous l'explique son président, Alexandre Tisserant.

    Alexandre Tisserant, le directeur général de Kinéis. © Kinéis

    Alexandre Tisserant, le directeur général de Kinéis. © Kinéis 

    Comment va fonctionner le système de communication de Kinéis ?

    Alexandre Tisserant : Kinéis s'appuie sur le système Argos, avec des balises au sol qui envoient des informations vers les nanosatellites. Ces derniers, positionnés à 850 km d'altitude, reçoivent les informations et les retransmettent vers le sol en temps quasi réel (10 à 15 minutes), ce qui est largement suffisant pour la plupart des applications que nous visons. Par rapport aux satellites Argos actuels, nous allons multiplier les capacités par 100 et diviser les prix par 50 ! Le système pourra communiquer avec 2 millions de balises au lieu de 20.000 aujourd'hui, et un module reviendra à 15 ou 20 euros contre plus de 1.000 euros actuellement.

    Les 25 nanosatellites permettent une couverture complète de la Planète avec une mise à jour en temps quasi réel (toutes les 10 à 15 minutes). © Kinéis

    À qui s’adresse votre service de communication ?

    Alexandre Tisserant : Nous visons de manière générale l’Internet des objets, mais aussi les applications scientifiques, comme le suivi des animaux sauvages, la logistique pour le suivi des conteneurs ou la surveillance des bateaux. Nous opérons par exemple pour le compte des autorités en Afrique de l'Ouest et en Asie pour vérifier que les bateaux de pêche artisanaux (les pirogues) respectent bien les zones de pêche. Nos balises intéressent également les bateaux de plaisance. Savez-vous que ces derniers passent 90 % de leur temps au port où ils se font souvent voler leur moteur ? En intégrant une balise dedans, il est possible de tracer sa position quand il est volé. Notre technologie peut aussi aider à l'intégration industrielle, en permettant le suivi des différentes pièces d'un appareil provenant d'endroits variés. Enfin, nous avons passé un partenariat avec Bouygues Telecom pour desservir les zones non couvertes par le réseau le réseau terrestre LoRa, avec des balises hybrides.

    Logistique, missions scientifiques, surveillance de bateaux de pêche, Internet bas débit… Kinéis vise de nombreux marchés. © Kinéis

    Quel est l’avantage de votre technologie par rapport aux autres systèmes comme le GPS, Galileo ou Starlink ?

    Alexandre Tisserant : Notre but n'est pas de concurrencer les systèmes haut débit nécessitant une communication en temps réel, comme pour une voiture autonome par exemple. En revanche, le bas débit permet de faire passer beaucoup plus de données et de proposer nos services à moindre coût. Les balises peuvent ainsi transmettre différents types d'information, non seulement la position, mais aussi des paramètres comme la température, la lumière, etc. La grande différence se situe surtout au niveau du terminal : les signaux envoyés par les satellites de communication sur les appareils nécessitent une grosse consommation d’énergie pour être traités. Ce n'est pas un problème pour un smartphone qui peut être rechargé tous les jours. Mais si votre balise est intégrée dans le collier d'un ours polaire, vous comprenez bien qu'elle doit tenir plusieurs mois !

    Une autre startup que vous auriez pu créer ?

    Alexandre Tisserant : En tant que grand amateur de jazz (d'ailleurs, j'en joue), je dirais une plateforme de musique type Soundcloud, pour partager de la musique et des chansons.

    La technologie du futur selon vous ?

    Alexandre Tisserant : La lutte contre réchauffement climatique est clairement la priorité. Il nous faut donc trouver le moyen de produire de l'énergie propre, comme la fusion nucléaire, ou une autre technologie qui reste à inventer.

    Après la levée de fonds de 100 millions d'euros, le calendrier devrait s'accélérer pour Kinéis. Les nanosatellites, qui seront lancés par grappe de cinq (soit 150 kg au total), devraient être en orbite d'ici l'été 2022. La start-up, qui a déjà réalisé un chiffre d'affaires de 5 millions d'euros en 2019 avec Argos et la vente de matériel, vise 10 millions en 2023 avec sa nouvelle constellation et 100 millions dans 10 ans. Qui sait, peut-être aurons-nous un jour un vrai champion français du spatial privé ?

    Portrait Kinéis

    • Domaine : espace ;
    • Date de création : juin 2019 ; 
    • Fondateurs : CLS (Kinéis est une spin off de CLS, qui est devenu actionnaire majoritaire depuis la levée de fonds) ;
    • Montant des levées de fonds : 100 millions d'euros ;
    • Effectif : 30 salariés (45 d'ici fin 2020).

    POUR EN SAVOIR PLUS

    Kinéis, la première constellation européenne de nanosatellites pour l’Internet des objets

    Article de Rémy Decourt publié le 12/09/2018

    Évoquée lors de la conférence 2017 World Satellite Business Week d'Euroconsult, la constellation de satellites qui pourrait succéder au système Argos à l'horizon 2021 a été officialisée il y a quelques jours. Constituée de 20 nanosatellites, elle sera réalisée par Kinéis, une nouvelle filiale de Collecte Localisation Satellites (CLS) créée avec le soutien du Centre national d'études spatiales (Cnes). Et elle ne se contentera pas uniquement de suivre la migration des animaux.

    L'Internet des objets est une des révolutions industrielles attendues ces prochaines années, avec environ 30 milliards d'objets connectables en circulation d'ici 2020. Or, 90 % de la surface du globe est non connectée. Pour offrir une couverture mondiale à ces objets, CLS (les balises Argos), avec le soutien du Cnes, vient d'annoncer la création de Kinéis.

    Cette start-up française (cocorico !), nouvel acteur du New Space, fait le pari de permettre à tous ces objets de dialoguer ou échanger des données entre eux en réalisant une constellation de nanosatellites inédite. Celle-ci doit succéder au système Argos, et elle ne se contentera pas de suivre uniquement la migration des animaux.

    Elle utilisera une technologie de communication inédite, développée sur mesure pour les objets connectés. Elle sera conçue par Thales Alenia Space, qui s'appuiera sur Nexeya pour la fabrication des plateformes des nanosatellites et sur Syrlinks pour son support dans la conception et la construction de l'instrument. Elle sera placée en orbite à l'horizon 2021.

    Prototype du nanosatellite Angels, du Cnes, sur lequel s'appuieront Thales Alenia Space et ses partenaires pour réaliser les satellites de la constellation Kinéis. © Kinéis

    Prototype du nanosatellite Angels, du Cnes, sur lequel s'appuieront Thales Alenia Space et ses partenaires pour réaliser les satellites de la constellation Kinéis. © Kinéis 

    Démocratiser l'Internet des objets

    Comme le souligne Alexandre Tisserant, directeur du projet, Kinéis « fournira une connectivité unique, universelle, entièrement dédiée à l'industrie des objets connectés. Chaque objet équipé d'un modem Kinéis pourra être localisé et transmettre des données où qu'il se trouve, quelles que soient les conditions. La connectivité Kinéis est simple à intégrer, basse consommation, fiable et proposée à un coût très compétitif la rendant accessible à tous ».

    Le principal objectif de Kinéis est donc de démocratiser l’Internet des objets. Celle-ci doit permettre, d'ici 2030, à plusieurs millions d'objets, dont les actuelles et futures balises Argos, d'être connectés où qu'ils se situent à la surface du globe.

    Enfin, cette constellation se veut complémentaire des acteurs existant dans le domaine des télécommunications, qu'ils soient terrestres ou satellitaires. Il faut savoir qu'aujourd'hui, 90 % de la surface du globe est non connectée ou connectée à des coûts souvent prohibitifs, sans mentionner la complexité d'usage.

    Les besoins sont pourtant déjà présents. Voici quelques exemples. Un conteneur est perdu : comment le retrouver ? Il convoie des produits périssables : comment maîtriser sa température à distance ? Un bateau de pêche artisanale connaît une avarie moteur : comment lui permettre d'émettre un SOS et comment le localiser pour le secourir ? Un randonneur au Népal souhaite partager son itinéraire complet, en temps réel, avec sa communauté : comment peut-il publier son parcours ? Logistique, pêche, agriculture ou encore loisirs de plein air sont autant de secteurs demandeurs d'une connectivité mondiale abordable.

    Source: https://www.futura-sciences.com/

  • LE 19.02.2020: Actualité de la météo,de l'astronomie et de la science/ Arrokoth, livre des secrets sur la formation des planètes.

    Arrokoth, l’objet le plus éloigné jamais visité, livre des secrets sur la formation des planètes

     

    Journaliste

    Il y a plus d'un an, la sonde New Horizons croisait à proximité d'Arrokoth, un astéroïde glacé situé aux confins de notre Système solaire. Les milliers d'images et de données qu'elle a alors enregistrés sont toujours en cours d'exploitation par les astronomes. Et elles révèlent aujourd'hui de nouvelles perspectives sur la formation des planètes.

     

    Arrokoth est l'objet le plus lointain à n'avoir jamais été approché par un engin spatial. Il se balade à près de 6,5 milliards de kilomètres de notre Planète. Dans une région où les astéroïdes glacés dans son genre sont légion. Et les premières images de ce vestige de la formation de notre Système solaire, capturées le 1er janvier 2019 par la sonde de la Nasa New Horizons, ont révélé, il y a quelques mois de cela, qu'il se compose de deux lobes dont la surface apparaît lisse et uniforme.

    Et si les astronomes s'intéressent tant à la façon dont Arrokoth a pu se former, c'est parce qu'il est comme une capsule temporelle qui les emmène jusqu'aux premiers instants de notre Système solaire. La manière dont il a vu le jour, il y a au moins quatre milliards d'années, pourrait les renseigner sur la manière dont se sont formées les planètes que nous connaissons aujourd'hui.

    NASA Solar System✔@NASASolarSystem

    How’s this for Valentine's Day science? Data from @NASANewHorizons indicates the two lobes of Arrokoth formed close together and at low velocity, orbited each other, and then gently merged to create the 22-mile long object. Details: https://go.nasa.gov/2OQbiav 

    Voir l'image sur Twitter

    216

    20:58 - 13 févr. 2020

    Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité

    76 personnes parlent à ce sujet

    Une formation toute en douceur

    Ainsi, en exploitant des données de plus en plus haute résolution, toutes récupérées de la sonde New Horizons, et des simulations informatiques sophistiquées, les astronomes ont pu préciser, dans une suite de trois articles scientifiques, l'âge, la composition et la manière dont Arrokoth s’est formé : à partir de deux objets proches qui se sont mis en orbite à faible vitesse - environ 15 km/h - et qui ont lentement fusionné.

    De quoi, selon les chercheurs, exclure l'hypothèse d'une formation de type accrétion hiérarchique. Mais l'orienter plus vers une naissance à la faveur de l'effondrement gravitationnel de nuages plus denses de particules solides dans la nébuleuse solaire primordiale. Un scénario confirmé par l'uniformité de la surface d'Arrokoth tant en matière de couleur que de composition, ainsi que par la forme aplatie et l'alignement remarquable des pôles et des équateurs des deux lobes qui forment l'astéroïde.

    Source: https://www.futura-sciences.com/

  • LE 18.02.2020: Actualité de la météo,de l'astronomie et de la science/ Combien de satellites tournent autour de la Terre ?

    Combien de satellites tournent autour de la Terre ?

     

     

    L'orbite terrestre est de plus en plus encombrée par des milliers de satellites d'opérateurs privés et publics. Combien sont-ils à tourner au-dessus de nos têtes ? Quelles sont leurs missions ? Quels pays en comptent le plus ? Quelles sont leur taille et altitude ? Retrouvez tous les chiffres grâce à cette infographie.

    Selon l'association UCS (Union of Concerned Scientists), 2.063 satellites opérationnels étaient en orbite autour de la Terre au 1er avril 2019. Le plus ancien encore en opération est un satellite amateur américain, Amsat-Oscar 7 (AO-7), lancé le 15 novembre 1974. La cadence des lancements s'est brusquement accélérée ces dernières années, avec 378 satellites lancés en 2017 et 375 satellites en 2018. Attention : il ne s'agit pas du nombre de fusées, car les lancements multiples sont devenus la norme. Le 15 février 2017, l'Inde a ainsi battu un record avec 104 satellites en un seul tir.

    Capture 21

    Capture 22

     

    Capture 23

    Capture 24

    Capture 25

    Pays et taille des satellites

    Cette prolifération est liée à deux phénomènes : d'une part, de plus en plus de pays s'intéressent à l'espace. L’Angola a ainsi lancé son premier satellite en 2017, destiné à fournir des services de communication (radiotélévision, voix) et d'Internet haut débit au-dessus du continent africain et d'une partie de l'Europe. D'autre part, les satellites se miniaturisent avec l'apparition de CubeSats et autres nanosatellites pas plus gros qu'une boîte à chaussures.

    Utilisation des satellites

    Sur les 2.063 satellites en orbite terrestre, 38 % (788) sont dédiés à l'observation de la Terre (étude du climat, des précipitations, surveillance...) et 37 % (773) aux services de communication. Viennent ensuite les satellites à but scientifique ou technologique dans la communication ou la défense (263) et ceux utilisés pour la navigation globale ou régionale (138). On voit même apparaître des projets de plus en plus insolites, comme des œuvres d'art ou des startups proposant d'envoyer vos cendres dans le ciel à votre mort.

    Orbite des satellites

    64 % des satellites (1.325) sont envoyés en orbite basse (LEO), située entre 500 et 2.000 kilomètres d'altitude. Cette proximité permet un temps de latence très court et une moindre énergie au lancement. Elle est utilisée notamment pour les systèmes de télécommunication, d'imagerie terrestre ou la météorologie. 27 % des satellites (554) naviguent sur une orbite géostationnaire, à 36.000 kilomètres d'altitude, qui sert notamment pour les services de communication comme la télévision, le satellite restant à tout moment au-dessus du même point. L'orbite moyenne, située entre 2.000 et 36.000 kilomètres, sert quant à elle aux satellites de navigation tels que le GPS.

    Source: https://www.futura-sciences.com/

  • LE 18.02.2020: Actualité de la météo,de l'astronomie et de la science/ Bételgeuse : que nous révèle cette nouvelle image de la supergéante rouge ?

    Bételgeuse : que nous révèle cette nouvelle image de la supergéante rouge ?

     

    ESO

     

    Grâce au Very Large Telescope (VLT), les astronomes ont capturé une image sans précédent de Bételgeuse, une supergéante rouge de la constellation d'Orion. Ces récents clichés témoignent, non seulement de sa baisse de luminosité mais également des modifications de sa forme apparente.

    Bételgeuse a longtemps constitué, pour les observateurs stellaires, un phare dans le ciel nocturne. L'année passée toutefois, sa luminosité a commencé à diminuer. Sa luminosité actuelle représente seulement 36 % de sa luminosité normale, un changement nettement visible à l'œil nu. Les passionnés d'astronomie et les scientifiques espéraient mieux comprendre cette baisse de luminosité sans précédent.

    Une équipe dirigée par Miguel Montargès, astronome à la KU Leuven de Belgique, observe l'étoile au moyen du Very Large Telescope (VLT) depuis décembre dernier, dans le but de comprendre la raison de sa soudaine baisse de luminosité. Au tout début de leur campagne d'observations, ils ont acquis une surprenante nouvelle image de la surface de Bételgeuse avec l'instrument Sphere

    Ce comparatif montre l’étoile Bételgeuse avant, et après qu’elle a subi cette perte de luminosité sans précédent. Les observations, acquises en janvier et décembre 2019 au moyen de l’instrument Sphere qui équipe le Very Large Telescope de l’ESO, témoignent de la baisse de luminosité de l’étoile et de ses changements de forme. © ESO/M. Montargès et al.

    Ce comparatif montre l’étoile Bételgeuse avant, et après qu’elle a subi cette perte de luminosité sans précédent. Les observations, acquises en janvier et décembre 2019 au moyen de l’instrument Sphere qui équipe le Very Large Telescope de l’ESO, témoignent de la baisse de luminosité de l’étoile et de ses changements de forme. © ESO/M. Montargès et al. 

    L'équipe avait déjà observé l'étoile au moyen de Sphere en janvier 2019, avant que sa luminosité ne décroisse. Nous disposons ainsi de deux clichés de Bételgeuse témoignant de l’avant et de l’après baisse de luminosité. Acquises en lumière visible, ces images figurent les

    Deux scénarios pour la baisse de luminosité de Bételgeuse

    De nombreux astronomes amateurs se sont demandé si la baisse de luminosité de Bételgeuse signifiait qu’elle était sur le point d’exploser. À l’image des autres supergéantes rouges, Bételgeuse se changera un jour en supernova. Toutefois, les astronomes ne pensent pas que ce soit actuellement le cas. D’autres hypothèses sont susceptibles de rendre compte de ces changements de forme et de brillance apparente dont témoignent les images de Sphere. « Nous travaillons actuellement sur deux scenarii : l’un repose sur un refroidissement de la surface généré par une activité stellaire exceptionnelle, l’autre sur l’éjection de poussière le long de la ligne de visée », précise Miguel Montargès [1]. « Bien sûr, notre connaissance des supergéantes rouges demeure aujourd’hui encore incomplète. Des études sont en cours, une surprise est donc toujours susceptible de se présenter ».

    Cette vidéo nous emmène de la périphérie de Bételgeuse, récemment observée au moyen de l’instrument Visir, qui équipe le VLT, à sa surface imagée par Sphere. Le cliché acquis par Visir montre la lumière infrarouge émise par la poussière entourant l’étoile au mois de décembre 2019. L’image capturée par Sphere à cette même période figure quant à elle la surface visible de la supergéante rouge, dont les dimensions avoisinent celles de l’orbite de Jupiter. © ESO, P. Kervella, M. Montargès et al.

    Miguel Montargès et son équipe ont eu recours au VLT implanté au sommet du Cerro Paranal au Chili pour étudier l'étoile située à plus de 700 années lumière de la Terre, et recueillir des indices relatifs à sa baisse de luminosité. « L'Observatoire Paranal de l'ESO est l'une des rares installations capables d'imager la surface de Bételgeuse », précise-t-il. Les instruments qui équipent le VLT de l'ESO permettent d'effectuer des observations sur une large gamme de longueurs d'onde s'étendant du visible à l'infrarouge moyen, offrant aux astronomes la possibilité d'observer tant la surface de Bételgeuse que la matière située en périphérie. « C'est le seul moyen dont nous disposons pour comprendre ce qui arrive à cette étoile ».

    Une autre image, acquise au moyen de l'instrument Visir qui équipe le VLT, montre la lumière infrarouge émise par la poussière qui entoure l'étoile Bételgeuse au mois de décembre 2019. Ces observations ont été menées par une équipe dirigée par Pierre Kervella de l'Observatoire de Paris, France. La longueur d'onde de l'image est semblable à celle qu'utilisent les caméras thermiques. Les nuages de poussière, qui jaillissent telles des flammes sur l’image de Visir, se forment lorsque l'étoile expulse sa matière constituante dans l'espace.

    Sur cette vue d’artiste figure la supergéante rouge Bételgeuse telle qu’elle apparaît au moyen de diverses techniques de pointe utilisées sur le Very Large Telescope de l’ESO par deux équipes distinctes d’astronomes afin d’obtenir les images les plus détaillées à ce jour de l’étoile. Sur ces clichés, Bételgeuse apparaît dotée d’un vaste panache de gaz aussi étendu que notre Système Solaire et d’une gigantesque bulle bouillonnant à sa surface. Ces découvertes offrent d’importantes clés de compréhension de l’intense perte de matière par ces monstres stellaires. Sur cette vue d’artiste figurent également une échelle, en unités de rayons de Bételgeuse, et une comparaison avec le Système Solaire. © ESO, L. Calçada

    Sur cette vue d’artiste figure la supergéante rouge Bételgeuse telle qu’elle apparaît au moyen de diverses techniques de pointe utilisées sur le Very Large Telescope de l’ESO par deux équipes distinctes d’astronomes afin d’obtenir les images les plus détaillées à ce jour de l’étoile. Sur ces clichés, Bételgeuse apparaît dotée d’un vaste panache de gaz aussi étendu que notre Système Solaire et d’une gigantesque bulle bouillonnant à sa surface. Ces découvertes offrent d’importantes clés de compréhension de l’intense perte de matière par ces monstres stellaires. Sur cette vue d’artiste figurent également une échelle, en unités de rayons de Bételgeuse, et une comparaison avec le Système Solaire. © ESO, L. Calçada  

    « L'expression 'nous sommes tous composés de poussière d'étoiles' est fréquente en astronomie populaire. Mais quelle est l'origine précise de cette poussière », soulève Emily Cannon, doctorante à la KU Leuven qui travaille sur les images de supergéantes rouges acquises par Sphere. « Au cours de leur existence, les supergéantes rouges telle Bételgeuse produisent et expulsent de vastes quantités de matière avant même d'exploser en supernova. La technologie moderne nous a permis d'étudier ces objets situés à des centaines d'années-lumière de la Terre dans des détails sans précédent, nous offrant l'opportunité de comprendre la raison de leur perte de masse. »

    Notes

    [1] La surface irrégulière de Bételgeuse est parsemée de vastes cellules convectives qui se déplacent, rétrécissent et gonflent alternativement. En outre, l'étoile pulse. Ces battements de cœur rendent compte de ses variations périodiques de luminosité. Les changements de convection et de pulsation observés à la surface de Bételgeuse témoignent simplement de son activité stellaire.

    Source: https://www.futura-sciences.com/

     

     

  • LE 17.02.2020: Actualité de la météo,de l'astronomie et de la science/ Exploration spatiale : Vénus, Neptune et Io dans le collimateur de la Nasa.

    Exploration spatiale : Vénus, Neptune et Io dans le collimateur de la Nasa

     

    Journaliste

     

    Capture 18

     

    Le programme Artemis, qui prévoit le retour de l'Homme sur la Lune, ne doit pas faire oublier que la Nasa finance d'importants programmes d'exploration robotique du Système solaire, dont Discovery. Dans le cadre de ce programme, la Nasa a débuté le processus d'une, voire deux nouvelles missions à destination de Vénus, Io et Triton.

     

    Après les missions en cours de développement Lucy, Psyche, Dragonfly et la mission de défense planétaire Dart, en coopération avec l'ESA, l'Agence spatiale européenne, la Nasa a débuté un processus de sélection pour une, voire deux nouvelles missions planétaires afin de mieux comprendre VénusIo ou Neptune. Dans le cadre de son programme Discovery, la Nasa a mis en compétition quatre projets qui recevront chacun un financement de 3 millions de dollars pour faire mûrir leur concept -- instruments et intérêts scientifiques -- et démontrer la faisabilité technique à le réaliser dans le budget imparti (500 millions de dollars). Cette phase se terminera par un rapport d'étude conceptuelle sur lequel la Nasa s'appuiera pour faire son choix attendu dans le courant de l'année prochaine.

    Ces quatre projets ont la particularité d'avoir été recalés lors de précédentes sélections. La Nasa a porté son choix sur deux missions à destination de Vénus : Davinci+ (pour Deep Atmosphere Venus Investigation of Noble gases, Chemistry, and Imaging Plus) et Veritas (pour Venus Emissivity, Radio Science, InSAR, Topography, and Spectroscopy). Les deux autres missions qui ont suscité l'intérêt de la Nasa sont deux sondes à destination des satellites Io (Io Volcano Observer) de Jupiter et Triton de Neptune (Trident).

    Neptune, vue depuis Triton. © Nasa

    Neptune, vue depuis Triton. © Nasa 

    La question de la vie abordée lors de ces missions

    Davinci+ est une mission entièrement dédiée à l'étude de la composition chimique de l'atmosphère de Vénus, sur toute sa hauteur. Elle a pour but de comprendre comment cette atmosphère s'est formée et a évolué dans le temps de façon à déterminer si Vénus a déjà eu un océan. Pour cela, Davinci+ larguera une sonde qui réalisera toute une série de mesures tout au long de la traversée de l'atmosphère.

    Quant à Veritas, autre mission à destination de Vénus, elle a pour objectif de réaliser des cartes topographiques complètes de la surface de la planète à haute résolution ainsi que des cartes montrant les déformations et les différentes types de composition du globe de cette planète. Le but est de comprendre pourquoi Vénus s'est développée si différemment de la Terre et de voir si des processus géologiques, tels que la tectonique des plaques et le volcanisme, sont toujours actifs.

    IVO est une sonde qui réalisera une série de survols rapprochés au-dessus de Io, une des lunes de Jupiter la plus volcanique du Système solaire, au sujet de laquelle les scientifiques manquent d'informations. L'objectif de la mission est l'étude de ce volcanisme et tous les phénomènes sous-jacents à cette activité. IVO pourrait découvrir l'océan de magma que l'on soupçonne présent sous sa surface et fournir de nouvelles informations sur les processus initiaux qui ont permis la formation des planètes.

    Quant à la mission Trident, elle s'inspire de la mission New Horizon et son survol historique de la planète naine Pluton. Un seul survol de Triton est donc prévu au cours duquel les données acquises devront être suffisantes pour déterminer si l'océan souterrain prévu par les modèles est bien présent et si cette lune est un monde potentiellement habitable, voire habité. Triton est un satellite connu pour avoir une activité géologique importante et assez récente de sorte que sa surface est la deuxième plus jeune du Système solaire.

    Source: https://www.futura-sciences.com/