astronomie

  • LE 22.03.2020: Actualité de l'astronomie / Suivez les tribulations d’Atlas, une comète très prometteuse.

    Suivez les tribulations d’Atlas, une comète très prometteuse

     

    Xavier Demeersman

    Journaliste

     

    L’image contient peut-être : nuit et ciel

     

    Découverte il y a quatre mois, la luminosité de C/2019 Y4 (Atlas) augmente plus vite que prévu. À ce rythme, nous pourrions l'observer à l'œil nu en avril.

     

    La comète Atlas se cache de moins en moins dans la nuit. Et c'est bien normal car l'astre glacé, actuellement à environ 160 millions de kilomètres de la Terre, se rapproche à grands pas du Soleil. Pour les astronomes amateurs, il est désormais beaucoup plus facile de l'observer et les astrophotographes sont ravis de la retrouver tous les soirs, tous témoins de sa luminosité croissante.

    Terry Lovejoy@TerryLovejoy66

    This is a better representation of the steady brightening of Comet ATLAS Y4 over the past 15 days. This is not an outburst, but normal rapid brightening as the comet approaches the sun.

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    357

    12:29 - 16 mars 2020

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    De magnitude 8, ce 17 mars 2020, elle pourrait être visible à l'œil nu, du moins avec une paire de jumelle, dans les semaines à venir selon les projections. Au plus près du Soleil, fin mai, sa luminosité pourrait culminer à une magnitude 1, estiment les spécialistes.

    Domenico Calia@CaliaDomenico

    C/2019Y4 ATLAS

    Credit by Gerald Rhemann on March 18, 2020 Eichgraben, Lower Austria

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    85

    15:18 - 20 mars 2020

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    Observez la comète Atlas !

    Si vous souhaitez suivre son parcours dans la nuit étoilée, vous pouvez la rechercher ces jours-ci entre la paire de galaxies M81 et M82 et 23 Ursae Majoris, l'étoile qui figure l'oreille de la Grande Ourse (voir image ci-dessous). Dans les nuits à venir, vous pourrez la suivre se diriger vers la constellation de la Girafe (Cameleopardis).

    Rappelons que C/2019 Y4 (Atlas), découverte à la fin de l'année dernière, emprunte la même orbite que C/1844 Y1 alias la « Grande comète e 1844 ». Il n'est donc pas exclu qu'elles aient un lien de parenté et, qui sait ?, que Atlas ait le même destin.

    La comète Atlas pointait le bout de son nez près du museau de la Grande Ourse le 17 mars. © SkySafari

    La comète Atlas pointait le bout de son nez près du museau de la Grande Ourse le 17 mars. © SkySafari 

    Michael Jäger@Komet123Jager

    Hello Comet C/2019 Y4 Atlas march 16 UT 22.40 26x5min filter blue 11"/2.2 RASA Asi 1600 cs Michael Jäger

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    332

    14:45 - 17 mars 2020

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    Michael Jäger@Komet123Jager

    Hello C/2019 Y4 Atlas march 16 UT 22.04 RGB 15/15/15min 11"/2.2 RASA Asi 1600 cs Michael Jäger

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    137

    19:17 - 17 mars 2020

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    Karl Battams✔@SungrazerComets

    Nighttime astronomy is another safe entertainment option, so comet C/2019 Y4 (ATLAS) has turned up at a pretty good time!

    It continues to brighten, though still not quite naked eye, as seen (upper-left) in this stunning pic by Rolando Ligustri (via https://www.spaceweather.com/ )

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    32

    16:35 - 19 mars 2020

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    Informations complémentaires sur la comète Atlas dans les articles ci-dessous.

    POUR EN SAVOIR PLUS

     Atlas sera-t-elle la comète de l'année ?

    Découverte fin 2019, la comète C/2019 Y4 (Atlas) pourrait être de la même famille que la « Grande comète de 1844 ». Elle n'est plus très loin du Soleil et sa luminosité ne fait qu'augmenter. Sera-t-elle la comète de l'année ?

    La comète Atlas arrive ! De son vrai nom C/2019 Y4 (Atlas), l'astre venu des confins du Système solaire brille de plus en plus à mesure qu'il se rapproche du Soleil. Actuellement, située au niveau de l'orbite de Mars, Atlas commence à être visible dans les grands télescopes amateurs. En un mois, elle est devenue 100 fois plus brillante (magnitude 11 décru mars).

    C'est fin mai, qu'elle sera au plus proche de notre étoile : environ 37,5 millions de kilomètres, un quart de la distance entre la Terre et le Soleil. C'est bien sûr à ce moment qu'elle brillera le plus mais ce n'est pas sans risques pour la comète, chahutée et écorchée par les « feux » du Soleil. Le petit corps de glace et de poussière, soumis à des températures élevées et aux pressions du vent solaire, pourrait se briser et anéantir toute chance pour les Terriens de l'admirer.

    Michael Jäger@Komet123Jager

    C/2019 Y4 march 5 UT 00.30-1.55 11"/2.2 filter green Michael Jäger

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    36

    12:36 - 6 mars 2020

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    La comète Atlas va-t-elle devenir la comète de l’année ?

    Le contraire peut se produire aussi : la comète pourrait survivre aux déchaînement du rayonnement solaire et nous régaler les jours suivants de l'étirement de sa chevelure flamboyante. Et pourquoi pas être visible en plein jour comme son aînée la « Grande comète de 1844 », laquelle avait marqué les habitants de l'hémisphère Sud. Aînée ou sœur... car les observations suggèrent que les deux astres auraient une même origine, de par leur orbite très similaire.

    Le plus souvent imprévisibles, les comètes peuvent autant créer la surprise et se transformer en astre spectaculaire que décevoir par leur éclat au moment de leur passage au plus près du Soleil, le périhélie, dans le Système solaire interne, où nous habitons. Affaire à suivre.

    Les points noirs marquent la magnitude observée de la comète Atlas. Un pic de luminosité (magnitude 2 ou 1 ?) est à prévoir fin mai, lors de son périhélie. © Aerith.net

    VOIR AUSSILa comète interstellaire Borisov serait-elle un vaisseau spatial extraterrestre ?


    Cette comète créera-t-elle la surprise au printemps ?

    Article de Xavier Demeersman publié le 29 février 2020

    Retenez bien son nom car on risque d'en reparler au fil des prochains mois : C/2019 Y4 (Atlas) ou comète Atlas, pour faire court. Un nom de géant pour un astre minuscule baptisé ici en référence à Asteroid Terrestrial-Impact Last Alert System, le programme qui l'a détecté le 28 décembre 2019, dans les ténèbres des confins du Système solaire.

    Connue donc depuis quelques semaines seulement, elle n'est encore qu'un point diffus et pâle qui vogue pour l'instant à travers la constellation de la Grande Ourse. Des astrophotographes chevronnés comme Michael Jäger, coutumier de la chasse aux comètes, ont d'ores et déjà réussi à en capturer un aperçu, une faible lueur qui pour le moment équivaut à une étoile de magnitude 12.

    Martin McKenna@martinastro2005

    We may have a semi bright comet. C/2019 Y4 ATLAS is brighter than expected, could reach mag +6 for us during late April/May and brighter again when close to the sun, worth monitoring! Image by Michael Jager

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    19

    23:22 - 24 févr. 2020

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    Mais cela va s'améliorer car C/2019 Y4 est en chemin vers le centre du Système solaire où règne le Soleil. C'est le 31 mai qu'elle atteindra le point de son orbite le plus proche de notre Étoile, le périhélie. Sa luminosité devrait tout naturellement culminer autour de cette date, alors qu'elle passera (vu de la Terre) près de l'amas d'étoiles des Pléiades. Petit problème néanmoins : sa luminosité sera consumée par l'éclat flamboyant du Soleil (surtout, ne jamais regarder le Soleil directement), alors dans le Taureau. Il va donc falloir attendre qu'elle s'en éloigne pour l'observer. Cela peut aller vite, comme en 1844...

    Gravure montrant la « Grande comète de 1844 » dans le ciel de Tasmanie. © Science Photo Library

    Gravure montrant la « Grande comète de 1844 » dans le ciel de Tasmanie. © Science Photo Library 

    Une orbite similaire à la « Grande comète de 1844 »

    Car oui, fait intéressant et pas des moindres : l'orbite de ce corps de glace et de poussière apparaît très similaire à celle de C/1844 Y1, plus célèbre sous le nom de « Grande comète de 1844 » laquelle avait défrayé la chronique par son éclat inhabituel dans le ciel de l'hémisphère sud - elle était alors visible en plein jour. Il n'est pas exclu par ailleurs que la comète Atlas soit un morceau détaché de ladite « Grande comète » voire, que tous deux soient les fragments d’un astre-parent plus imposant qui se serait brisé voici des siècles.

    Observation de la « grande comète de 1844 » par Sir James South, les nuits du 8, 9 et 11 juin 1844 à Kensington. L'astre était alors visible près de Capella, l'étoile la plus brillante du Cocher. © Royal Astronomical Society, Science Photo Library

    Observation de la « grande comète de 1844 » par Sir James South, les nuits du 8, 9 et 11 juin 1844 à Kensington. L'astre était alors visible près de Capella, l'étoile la plus brillante du Cocher. © Royal Astronomical Society, Science Photo Library 

    Alors, la comète Atlas deviendra-t-elle le spectacle céleste de l'année ? Il n'est pas rare que ces astres créent la surprise. So, wait and see... De belles observations aux instruments seront en tout cas envisageables ce printemps.

    Source: https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/comete-suivez-tribulations-atlas-comete-tres-prometteuse-79752/?fbclid=IwAR0_B2gEBPbpL9Mtjutx2mZ_fST5vAAzr71mimIsHf5K2bU0AlGkLHPFAzg

  • LE 22.03.2020: Actualité de l'astronomie / Hubble observe un gigantesque tsunami d'énergie produit par un quasar.

    Hubble observe un gigantesque tsunami d'énergie produit par un quasar

     

    Laurent Sacco

    Journaliste

     

    L’image contient peut-être : texte

     

    Hubble a permis d'estimer la vitesse et surtout la puissance des vents de matière soufflés par le rayonnement des quasars. Ces trous noirs supermassifs sont bel et bien en mesure d'affecter, tels des tsunamis, la matière interstellaire à l'échelle des galaxies.

    Comme l'explique Jean-Pierre Luminet dans la vidéo ci-dessous, c'est à partir de 1963 lorsque Maarten Schmidt, un astronome néerlandais, a fait l'analyse spectrale d'un astre, la contrepartie dans le visible d'une source radio puissante nommée 3C 273, que l'on a fait la découverte des quasi-stellar radio sources, des quasars selon la dénomination proposée en 1964 par l'astrophysicien d'origine chinoise Hong-Yee Chiu. 3C 273 se présentait comme une étoile mais elle se trouvait à plus de 2,4 milliards d'années-lumière de la Voie lactée, ce qui veut dire que pour être observable à une telle distance proprement cosmologique, elle devait être d'une luminosité absolument prodigieuse, dépassant les 5 millions de millions de fois celle du Soleil, ou présenté d'une autre façon était équivalente à celle de 1.000 fois les centaines de milliards d'étoiles de notre Voie lactée !

    Toujours comme l'explique Jean-Pierre Luminet, nous savons que ces quasars sont des exemples de ce que l'on appelle des noyaux actifs de galaxies, (Active Galactic Nuclei ou AGN, en anglais) qui ne sont pas forcément aussi lumineux que les quasars. Et nous avons toutes les raisons de penser que leur prodigieuse énergie provient de l'accrétion de la matière par des trous noirs supermassifs de Kerr en rotation, pouvant contenir des milliards de masses solaires comme M87*, récemment imagé par les membres de la collaboration Event Horizon Telescope.

    Aujourd'hui, une série de six publications, également accessible sur arXiv, fait état de mesures stupéfiantes concernant ces quasars et qui ont été obtenues grâce au télescope Hubble et à sa capacité de voir dans l'ultraviolet. Les astrophysiciens ont ainsi découvert des débits les plus énergétiques jamais vus dans l'Univers observable et parlent même, à leur sujet, de véritables tsunamis cosmiques.

    Dans cet extrait de la plateforme TV-Web-cinéma « Du Big Bang au Vivant », qui couvre des découvertes dans le domaine de l'astrophysique et de la cosmologie, Jean-Pierre Luminet nous parle des quasars. © Jean-Pierre Luminet

    Les chercheurs ont mesuré via l'effet Doppler les vitesses des vents de matière produites par la pression du rayonnement des quasars sur le gaz interstellaire dans des galaxies. On connaît cet effet, bien plus modeste, produit par une partie du vent solaire sur la queue des comètes dans le Système solaire. Mais ici, le souffle des quasars accélère de la matière à quelques pourcents de la vitesse de la lumière !

    Des centaines de masses solaires de gaz éjectés chaque année

    L'astrophysicien Nahum Arav de Virginia Tech à Blacksburg, en Virginie (États-Unis) explique de plus que « Les vents poussent des centaines de masses solaires de matériaux chaque année. La quantité d'énergie mécanique que ces flux transportent est jusqu'à plusieurs centaines de fois supérieure à la luminosité de toute la Voie lactée » et le chercheur d'ajouter dans un communiqué de la Nasa : « Aucun autre phénomène ne transporte plus d'énergie mécanique. Au cours d'une durée de vie de 10 millions d'années, ces éjections de matière produisent un million de fois plus d'énergie qu'un sursaut gamma ».

    Cette découverte ne fait que confirmer ce dont on se doutait depuis un moment. En effet, le souffle des quasars peut être tel que non seulement il bloque sa propre alimentation en gaz, très probablement sous la forme des filaments froids que l'on commence à voir, mais il peut aussi vider une galaxie du gaz qui lui sert à former de nouvelles étoiles. Cela contribue à jeter de la lumière sur la relation de coévolution que l'on constate avec la proportionnalité entre la masse d'une galaxie et celle du trou noir supermassif qu'elle abrite, et explique aussi pourquoi bien des galaxies ont cessé de former des étoiles en quelques milliards d'années seulement, faute de matière pour cela. Hubble montre en effet que le rayonnement des quasars pousse le gaz et la poussière interstellaire à des distances bien plus grandes que ce que les astrophysiciens pensaient auparavant, tout simplement à l'échelle d'une galaxie. Le souffle des supernovae n'est donc pas le seul mécanisme capable de « tuer » une galaxie en la vidant de son gaz.

    « Les théoriciens et les observateurs savaient depuis des décennies qu'il existe un processus physique qui empêche la formation d'étoiles dans les galaxies massives, mais la nature de ce processus restait un mystère. Mettre les débits observés dans nos simulations résout ces problèmes en suspens de l'évolution galactique », explique l'éminent cosmologiste Jeremiah P. Ostriker de l'université Columbia à New York et également collègue du prix Nobel James Peebles à l'université Princeton dans le New Jersey.

    Source: https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/quasar-hubble-observe-gigantesque-tsunami-energie-produit-quasar-80148/?fbclid=IwAR2NwHG1b_r7tmDxLd3J2OW-38sGutW-Tu9xcqJjZUY216td27VpHP5wutM#utm_content=futura&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=futura

  • LE 22.03.2020: Actualité de l'astronomie / Partez à la chasse aux exoplanètes et aux trous noirs pendant le confinement.

    Partez à la chasse aux exoplanètes et aux trous noirs pendant le confinement

     

    Laurent Sacco

    Journaliste

     

    L’image contient peut-être : nuit

     

     

    En attendant la fin du confinement, vous pouvez essayer de faire comme Isaac Newton, confiné chez lui pendant plus d'un an à la suite d'une épidémie de peste, et faire de grandes découvertes scientifiques en aidant les chercheurs grâce aux sites de science participative. 

    Tirons le meilleur du confinement  « Restez chez vous ! » C’est le mot d’ordre lancé par les autorités pour lutter contre la propagation du coronavirus responsable de la pandémie de Covid-19. Et nous sommes désormais des millions à vivre une situation inédite, celle du confinement. Pour nous en sortir au mieux, peut-être faut-il la vivre comme une expérience humaine de plus. 

    L'histoire est archiconnue et on ne manque pas de la rappeler en ce moment. Né en 1642, Isaac Newton est admis en 1661 au fameux Trinity College de Cambridge où il va se familiariser avec les travaux de DescartesGalilée et Kepler en mathématique, mécanique et astronomie. Mais en 1665, une épidémie de peste se déclare en Angleterre, la tristement célèbre Grande peste de Londres, et l'université n'a pas d'autre choix que de fermer ses portes dans une stratégie de confinement, déjà. Newton rentre chez lui et passe les 18 mois suivants à se consacrer à ses réflexions solitaires qui vont le mener bien au-delà des travaux de ces prédécesseurs car, selon ses dires, c'est pendant cette « Annus mirabilis », une locution latine pouvant se traduire par « année de merveilles » qui aurait été utilisée la première fois par le poète britannique John Dryden pour désigner cette période, qu'il va découvrir les bases de ses travaux révolutionnaires en optique, théorie de la gravitation et calcul infinitésimal. Par extension, on utilise aussi le terme « Annus mirabilis » pour désigner l'année la plus productive d'Albert Einstein, 1905, où il découvre simultanément la théorie de la relativité restreinte, les quanta de lumière, et donne la théorie du mouvement brownien qui permettra à Jean Perrin de démontrer l’existence des atomes.

    Newton est un cas unique dans l'histoire des sciences, surpassant même Einstein dont bien évidemment aucun d'entre nous ne peut imaginer l'égaler pendant la période de confinement qui nous frappe avec le coronavirus. Mais cela ne veut nullement dire que tout un chacun ne peut pas aider à faire des découvertes extraordinaires. Le cerveau humain reste encore plus puissant que les techniques de deep learning, ou plus généralement de l'IA, pour découvrir des régularités dans des données fournies par des expériences scientifiques. Et c'est pourquoi depuis des années les chercheurs font appel aux internautes pour analyser des données fournies par des programmes de recherche.

    Dans Space, Jérémy Wilks vous emmène ce mois-ci à l'observatoire de Genève, la « maison » des experts en exoplanètes, ces planètes qui sont en dehors de notre Système solaire. À ce jour, plus de 4.000 d'entre elles ont été découvertes, mais les scientifiques pensent qu'il en existe des millions dans la Voie lactée. La première exoplanète qui a été découverte est une planète géante gazeuse similaire à Jupiter, en orbite autour de son étoile. Cette découverte, faite en 1995 par le professeur Michel Mayor de l'université de Genève, a donné le coup d'envoi d'une révolution en astronomie. © European Space Agency, ESA

    Chassez exoplanètes, trous noirs, astéroïdes et ondes gravitationnelles

    On se souvient de la mission Stardust où il s'agissait d'identifier et isoler les poussières interstellaires emprisonnées dans l'aérogel du collecteur de cette mission qui avait rencontré la comète Wild 2. Futura vous avait aussi proposé de partir à la chasse aux exoplanètes, dans le précédent article ci-dessous, dans le cadre du site Planethunters qui mettait à disposition les données de la mission Kepler afin d'y chercher des transits possibles d'exoplanètes. Ce site existe toujours mais ce sont maintenant les données de Tess, le successeur de Kepler, qui requièrent votre attention. Alors êtes-vous prêt à découvrir, peut-être, une exoterre habitable ?

    Futura vous a récemment proposé aussi d'aider les astrophysiciens à débusquer des trous noirs supermassifs en se connectant en ligne à Radio Galaxy Zoo dans le cadre du célèbre Zooniverse. Ce portail de science citoyenne bien connu est une extension du projet original Galaxy Zoo qui invitait les internautes à classer les galaxies.

    Zooniverse contient maintenant un large catalogue de projets de science citoyenne, et pas seulement en astronomie. Vous pouvez bien sûr aider à trouver des astéroïdes dans les images collectées par Hubble, des ondes gravitationnelles dans les données enregistrées par Ligo mais aussi contribuer à un projet visant à développer un modèle informatique de diagnostic de la rétinopathie diabétique ou encore déchiffrer les archives climatiques de la planète enregistrées depuis quelques millions d'années dans des fossiles de feuilles.

    POUR EN SAVOIR PLUS

    Fête de la science : devenez chasseur d'exoplanètes !

    Article de Laurent Sacco publié le 11/10/2012

    Les exoplanètes vous font rêver, vous êtes membre de Seti@home mais vous regrettez de ne pas pouvoir faire partie des équipes qui chassent des superterres ? Vous avez tort ! La Nasa vous offre de prendre part à l'analyse des données de Kepler et de découvrir des exoplanètes, de chez vous. Serez-vous le découvreur de la première exoterre habitable ?

    Rappelez-vous, c'était en 2006. La sonde Stardust venait juste de rapporter sur Terre des poussières piégées dans de l'aérogel lors de son survol de la comète Wild 2. Le rêve de certains, celui de pouvoir travailler pour la Nasa en analysant des échantillons de matière extraterrestres, allait se réaliser. Les membres de la mission Stardust annonçaient recruter à tour de bras pour analyser, via Internet, les photos du piège à poussières afin d'y retrouver la précieuse matière cométaire et peut-être même des grains de matière interstellaire.

    Si des ordinateurs peuvent fouiller efficacement dans des bases de données, il est tout de même des domaines où le cerveau humain se révèle encore le plus efficace. C'est notamment le cas lorsqu'il s'agit de reconnaître des caractéristiques sur des photos. Les auteurs du site Zooniverse l'ont bien compris et ils permettent depuis quelque temps à tous les passionnés, qu'ils soient docteur en astrophysique ou non, d'analyser les images prises par des télescopes comme Hubble ou Spitzer comme le feraient des professionnels pour percer les secrets de l'univers.

    Depuis quelque temps, c'est à la recherche des exoplanètes qu'ils vous convient avec Planethunters. Ils vous proposent en effet de devenir vous-même un chasseur de planètes et d'aider les membres de la mission Kepler, ainsi que les exobiologistes qui chassent les exoplanètes, à en découvrir dans les observations de ce télescope en orbite.

    Chasser des exoplanètes avec la méthode du transit planétaire

    Nul besoin d'équipement compliqué ou d'une formation poussée en science, votre ordinateur, votre passion et un minimum de maîtrise de l'anglais à l'écrit suffisent pour cela. Mais avant de pouvoir partir en chasse, il vous faut comprendre ce qu'est la méthode du transit planétaire et à quoi elle sert.

    Schéma illustrant le principe du transit planétaire s'accompagnant d'une baisse de luminosité de l'étoile d'autant plus importante que l'exoplanète est de grande taille par rapport à son soleil. © Institute for Astronomy-University of Hawaii

    Schéma illustrant le principe du transit planétaire s'accompagnant d'une baisse de luminosité de l'étoile d'autant plus importante que l'exoplanète est de grande taille par rapport à son soleil. © Institute for Astronomy-University of Hawaii 

    La méthode du transit planétaire est une méthode photométrique. Elle repose sur la mesure des faibles variations périodiques de la luminosité d'une étoile lorsqu'une planète passe devant elle. L'orientation du plan orbital d'une exoplanète est arbitraire et l'observation possible d'un transit est d'autant plus rare que la période de révolution d'une telle planète est importante. Il faut donc observer simultanément un grand nombre d'étoiles pour espérer surprendre un transit. C'est ce que font les deux missions spatiales actuellement dédiées à l'étude, entre autres, des transits planétaires : la mission Kepler de la Nasa et la mission Corot de l'Esa.

    Il n'est pas forcément évident de distinguer une brusque et faible baisse de luminosité de l'étoile due à un transit d'une variation similaire liée à l'activité propre de l'étoile. La courbe de luminosité d'une étoile est parfois fortement variable, même si les amplitudes de ces variations sont faibles. Si l'on veut faire des mesures fines de photométrie pour les transits planétaires extrasolaires, il est donc nécessaire de placer un détecteur dans l'espace afin de s'affranchir des variations de luminosité causées par l'atmosphère de la Terre.

    Deux courbes photométriques de variations de la luminosité d'une étoile pour deux exoplanète, OGLE-TR 113 et OGLE-TR 132. © ESO

    Deux courbes photométriques de variations de la luminosité d'une étoile pour deux exoplanète, OGLE-TR 113 et OGLE-TR 132. © ESO 

    Enfin, il faut que le transit se répète périodiquement un nombre suffisant de fois avant de pouvoir commencer à envisager que l'on a détecté une exoplanète. Dans le cas d'une vraie exoterre, il faudrait donc attendre au moins 3 ans avant de parler d'une découverte, avec de plus une estimation de la masse fournie par la méthode des vitesses radiales. Si la masse de l'exoplanète est comprise entre 2 et 10 fois celle de notre planète, il faudra alors parler d'une superterre. Dans les deux cas, si la planète est en orbite autour d'une naine rouge, sa zone d'habitabilité sera à des distances inférieures à celle de notre Système solaire. Il n'est donc pas nécessaire d'attendre 3 ans pour confirmer un transit.

    Les courbes de luminosité de Kepler

    La largeur et la profondeur de courbe de luminosité permettent d'avoir des renseignements sur l'exoplanète. En effet, connaissant le spectre de l'étoile, il est possible d'en tirer la valeur de son rayon. Or, la diminution relative du flux de lumière de l'étoile à l'occasion d'un transit est égale au carré du rapport du rayon de l'exoplanète à celui de son soleil. Si on connaît sa masse, que l'on détermine par la méthode des vitesses radiales, on en déduit automatiquement sa densité moyenne. C'est une donnée importante car une superterre trop peu dense est probablement une planète océan comme 55 Cancri e.

    Sur cette image, on voit la courbe de luminosité d'une étoile observée pendant plus d'un mois. Chaque point blanc correspond à une mesure. Une courbe en trait plein est donnée en dessous et les cercles blancs sont utilisés pour déterminer la largeur de portion de courbe où l'on peut faire un zoom pour tenter de surprendre un transit planétaire. © Planethunters.org

    Sur cette image, on voit la courbe de luminosité d'une étoile observée pendant plus d'un mois. Chaque point blanc correspond à une mesure. Une courbe en trait plein est donnée en dessous et les cercles blancs sont utilisés pour déterminer la largeur de portion de courbe où l'on peut faire un zoom pour tenter de surprendre un transit planétaire. © Planethunters.org 

    Ce que proposent donc les membres de Planethunters, c'est que vous examiniez les courbes de luminosité prises en surveillant les plus de 145.000 étoiles observées par Kepler et d'y chercher des signes de transits. Comme l'explique une vidéo en anglais, il vous faut aussi répondre à quelques questions concernant les caractéristiques de ces courbes de luminosités. Il est nécessaire d'utiliser une fonction zoom pour observer les détails possibles d'un transit qui sont parfois cachés dans un signal apparaissant très bruité, comme le montre la courbe ci-dessus extraite du site de Planethunters.org.

    Un autre exemple de courbe de luminosité d'une étoile observée pendant presque un mois. L'étoile est très calme et le transit planétaire très clair. © Planethunters.org

    Un autre exemple de courbe de luminosité d'une étoile observée pendant presque un mois. L'étoile est très calme et le transit planétaire très clair. © Planethunters.org 

    Comme le montre l'image ci-dessus, le cas idéal est celui où l'on est en présence d'une étoile très calme devant laquelle transite une exoplanète de grande taille.

    Bien entendu, les chasseurs d'exoplanètes auront leur nom dans la publication des chercheurs annonçant une nouvelle découvert

  • LE 22.03.2020: Actualité de l'astronomie / Tess découvre la première exoplanète au-dessus du plan galactique.

    Tess découvre la première exoplanète au-dessus du plan galactique

     

    Laurent Sacco

    Journaliste

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    Les exoplanètes n'étaient jusqu'à présent découvertes que dans le disque mince des étoiles dans la Voie lactée et pas dans le disque épais qui entoure le premier. Tess vient pourtant d'en débusquer une proche du Soleil en transit à travers le disque mince. Elle pourrait s'être formée dans une autre galaxie mais rien n'est certain.

    Cela ne fait qu'un siècle environ que l'on a commence vraiment à connaître la structure de notre Galaxie grâce à l'astronome Harlow Shapley. Pour atteindre son but, il avait entrepris, à partir de 1914, d'utiliser les positions et les mouvements des amas globulaire en orbite autour de la Voie lactée pour déterminer sa taille et la position qu'occupait le Soleil. Il arriva finalement au résultat escompté en 1918. Depuis lors, notre savoir sur l'Univers-île que nous habitons, ainsi que le philosophe Emmanuel Kant le dénommait, n'a fait que progresser, notamment avec la cartographie de ses nuages de gaz via la fameuse raie à 21 cm de l’hydrogène et aujourd'hui, grâce aux spectaculaires relevés astrométriques des positions et vitesses des étoiles de la Voie lactée fournis par la mission Gaia.

    Comme l'explique un groupe d'astronomes dans un article publié dans The Astronomical Journal et disponible en accès libre sur arXiv, les données de Gaia ont permis de faire une découverte surprenante concernant une exoplanète située à seulement 97 années-lumière du Système solaire. Il s'agit d'une planète rocheuse tout juste identifiée par la méthode des transits planétaires par le successeur de Kepler dans l'espace, le satellite Tess (Transiting Exoplanet Survey Satellite) de la Nasa.

    Rappelons que la mission de Tess est de détecter des exoplanètes, surtout des superterres ou de tailles proches de notre planète bleue, autour d'environ 200.000 étoiles parmi les plus brillantes, situées à moins de 200 années-lumière de notre Soleil sur 90 % de la voûte céleste.

    Une présentation de la mission Tess. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l'écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © Nasa Goddard

    Tess a donc mis en évidence une exoplanète autour de l'étoile LHS 1815, une naine rouge contenant la moitié de la masse du Soleil environ. L'existence de LHS 1815b a été confirmée par la méthode des vitesses radiales et donc sa masse est relativement et précisément connue puisqu'elle effectue aussi les transits détectés par Tess et l'on sait qu'elle pourrait être aussi importante, 8,7 fois celle de la Terre et plutôt de l'ordre de 4 masses terrestre. C'est déjà une valeur surprenante puisque la méthode du transit lui donne un rayon d'environ 1,088 fois celui de la Terre, ce qui indiquerait donc une forte densité avec sans doute beaucoup de métaux lourds, probablement du fer et du nickel mais ce n'est qu'une spéculation. LHS 1815b boucle son orbite en 3,1843 jour seulement et c'est donc un monde infernal.

    Une exoplanète née dans une autre galaxie ?

    Jusqu'ici rien de bien nouveau parmi les plus de 4.000 exoplanètes connues à ce jour. Ce qui fait pour le moment la singularité de LHS 1815b, c'est que les données de Gaia concernant son mouvement indiquent qu'elle se situe sur une orbite qui coupe le plan galactique et qu'elle ne provient pas du disque mince qui contient la majeure partie des étoiles de notre Voie lactée. Périodiquement, elle doit se retrouver à une distance de 5,870 années-lumière au-dessus du plan galactique alors que l'épaisseur du disque mince n'est que de quelques centaines à environ un millier d'années-lumière et que le disque lui-même a un diamètre d'environ 100.000 années-lumière.

    LHS 1815b est donc originaire de la partie de la Galaxie que l'on appelle le disque épais qui est une sorte de gaz diffus d'étoiles au-dessus du disque mince, un peu comme de la vapeur juste au-dessus de la surface d'un liquide. La majorité de ces étoiles sont anciennes, plus de 10 milliards d'années, elles sont donc formées à partir d'un gaz encore peu enrichi en éléments lourds comme le fer, le magnésium, l'oxygène et le carbone. Pour cette raison -- et parce que l'on sait qu'il y a une corrélation entre l'existence d'exoplanètes rocheuses et le contenu en éléments lourds d'une étoile, un vestige de la composition du nuage moléculaire et poussiéreux d'où naissent les étoiles et leurs cortèges d'exoplanètes --, on ne s'attendait pas vraiment à trouver d'exoplanètes autour des étoiles du disque épais.

    Une représentation de la Voie lactée avec son disque fin (thin disk) et son disque épais (thick disk). Le Soleil (sun) est représenté. © Gaba p, Wikimedia Commons, CC by-sa 3.0

    Une représentation de la Voie lactée avec son disque fin (thin disk) et son disque épais (thick disk). Le Soleil (sun) est représenté. © Gaba p, Wikimedia Commons, CC by-sa 3.0 

    De fait, on n'en avait jamais trouvées jusqu'à présent mais une fois de plus, le cosmos déjoue nos prévisions...

    Pour en avoir trouvé aussi proches du Soleil, il doit y en avoir bien d'autres dans le disque épais de la Galaxie et ceci est extrêmement intéressant. En effet, on pense que les étoiles, dans ce disque qui enveloppe le disque mince en s'élevant d'entre 3.000 et 16.000 années-lumière au-dessus du plan galactique, sont peut-être le vestige d'une collision entre la Voie lactée et une autre galaxie il y a des milliards d'années, auquel cas elles ne se seraient pas formées dans notre Galaxie -- il se pourrait aussi que ce soit le cas, une rencontre avec une galaxie naine aurait simplement, en quelque sorte, « chauffé » le disque mince par ses perturbations gravitationnelles qui aurait éjecté des étoiles pour former le disque épais.

    Si tel est bien le cas, on aurait donc peut-être sous les yeux une exoplanète qui s'est formée dans une autre galaxie. En tout état de cause, son étude va nous renseigner sur les exoplanètes dans le disque épais et LHS 1815 est suffisamment proche pour que l'on puisse espérer analyser l'atmosphère d'une autre exoplanète qui pourrait exister autour.

    Source: https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/exoplanete-tess-decouvre-premiere-exoplanete-dessus-plan-galactique-80114/?fbclid=IwAR2gfpRF5iHkl7X6zXIz73IbggVeTOnj_hjisIUSYDns2vVowCvqdhE19J0#utm_content=futura&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=futura

     

  • LE 19.03.2020: Actualité de l'astronomie / Sur Mars, bonne nouvelle, la manœuvre d’InSight semble fonctionner.

    Sur Mars, bonne nouvelle, la manœuvre d’InSight semble fonctionner

     

     

    Nathalie Mayer

    Journaliste

     

    Sur Mars, il n'est question ni de Covid-19 ni de confinement. Au contraire, aujourd'hui, les nouvelles sont bonnes. La Nasa (États-Unis) a annoncé en fin de semaine dernière que la manœuvre quelque peu osée qu'elle avait imaginée pour aider la taupe d’InSight à s'enfoncer dans le sol semble fonctionner.

    NASA InSight✔@NASAInSight

    A bit of good news from : our new approach of using the robotic arm to push the mole appears to be working! The teams @NASAJPL/@DLR_en are excited to see the images and plan to continue this approach over the next few weeks. 
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