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  • LE 1.03.2020: Actualité de la météo,de l'astronomie et de la science/ Nasa: regardez la mise à feu du système de sauvetage des astronautes.

    Nasa : regardez la mise à feu spectaculaire du système de sauvetage des astronautes

     

     

    Rédactrice scientifique

     

    Quand les astronautes de la Nasa partiront pour la Lune lors de la future mission Artémis, ils pourront compter sur le « Launch Abort System » ou LAS, situé sur la capsule Orion, en cas de pépin au décollage.

    Le 25 février dernier, la Nasa a testé, avec succès, le moteur contrôlant l'attitude (ACM), construit par Northrop Grumman. Ce dernier a fait flamber de façon spectaculaire ses réacteurs pendant 30 secondes. C'était le dernier des trois tests pour qualifier ce moteur.

    Le LAS est composé de trois moteurs : un premier (abort motor) qui éloigne le module d'équipage du lanceur, le moteur ACM qui oriente ensuite le moteur de largage (jettinson motor) s'enflamme pour séparer le LAS de la capsule Orion. Un parachute s'ouvrira alors pour ramener les astronautes sur Terre, sains et saufs.

    Tous les moteurs du LAS ont fini leur phase de test et ils doivent encore être testés avant le début de la mission Artémis II, prévue pour 2022-2023, laquelle précède Artémis III qui enverra la première femme sur la Lune en 2024.

    Le test spectaculaire du moteur contrôlant l'attitude du LAS sur la capsule Orion. © Nasa, Northrop Grumman

    Le test spectaculaire du moteur contrôlant l'attitude du LAS sur la capsule Orion. © Nasa, Northrop Grumman 

    Source: https://www.futura-sciences.com/sciences/breves/nasa-nasa-regardez-mise-feu-spectaculaire-systeme-sauvetage-astronautes-2048/?fbclid=IwAR0fGGDIaB3Uv4kfnpCsciKijkSGMGxhaE-51EklBCJ38u2r_Zj8Sg7DKl8#utm_content=futura&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=futura

  • LE 28.02.2020: Actualité de la météo,de l'astronomie et de la science/ La Nasa négocie de nouvelles places à bord des capsules Soyouz.

    La Nasa négocie de nouvelles places à bord des capsules Soyouz

     

    Journaliste

     

    Capture soyouz

    Pour éviter que, dès cet automne, aucun Américain ne séjourne à bord de la Station spatiale internationale, la Nasa envisagerait d'acheter deux nouvelles places à bord du Soyouz russe. Malgré la mise en service imminente du Crew Dragon de SpaceX, dont le premier vol habité est prévu en mai, la Nasa doit tenir compte d'un nouveau et probable retard du Starliner de Boeing dont le vol d'essai inhabité ne s'est finalement pas aussi bien passé qu'on a pu le croire.

    Malgré la préparation du premier vol habité du Crew Dragon de SpaceX à destination de la Station spatiale internationale, actuellement prévu en mai 2020, la Nasa est contrainte d'acheter une, voire deux places sur les prochains vols de Soyouz russes. Une situation plutôt surprenante mais qui s'explique par la nécessité de se prémunir d'un nouveau retard dans la mise en service des capsules Crew Dragon et Starliner, et aussi de garantir une présence américaine continue à bord du complexe orbital, ce qu'a confirmé le responsable des affaires publiques au Centre spatial Johnson de la Nasa.

    Ce que n'a pas dit ce responsable, c'est que la Nasa est très remontée contre Boeing suite aux nombreux dysfonctionnements découverts sur la capsule Starliner, dont de multiples problèmes de logiciels constatés lors du vol d'essai du Starliner, réalisé en décembre 2019. Bien que les responsables de la Nasa et Boeing aient refusé de spéculer sur les conséquences d'un décalage par rapport au calendrier prévu, il est probable que la mise en service commerciale de la capsule soit reportée de plusieurs mois.

    La Nasa devra encore attendre

    Or, la Nasa a toujours dit qu'elle ne souhaitait pas dépendre d'un seul véhicule spatial exploité commercialement afin d'éviter tout risque de suspension du service de transport d'astronautes. À cette contrainte, s'ajoute le risque que, vers la fin de l'année, aucun astronaute américain ne soit présent à bord du complexe orbital ! En effet, le report de la mise en service du Starliner, s'il devait se confirmer, contraindrait la Nasa à réaménager le calendrier des lancements et le planning des rotations des équipages. D'où cette décision d'acheter de nouvelles places à bord des capsules Soyuz. Le dernier siège à bord d'une capsule Soyouz et déjà acheté sera utilisé en avril par l'astronaute Chris Cassidy.

    CE QU'IL FAUT RETENIR

    • La Nasa réfléchit à acheter deux nouvelles places à bord des Soyouz pour des rotations d'équipages à destination de la Station spatiale internationale.
    • Un retard prévisible dans la mise en service des systèmes de transports spatiaux habités de SpaceX et Boeing expliquerait cette décision.
    • La dépendance américaine au Soyouz russe, dont la Nasa souhaitait qu'elle prenne fin en 2017, pourrait s'étendre jusqu'en 2020.

    POUR EN SAVOIR PLUS

    La Nasa devra peut-être acheter de nouvelles places à bord des Soyouz !

     

     

    Article de Rémy Decourt publié le 20/02/2019

    La Nasa estime qu'il y a un risque réel pour que la mise en service des systèmes de transports habités de Boeing et SpaceX soit une nouvelle fois retardée. Les deux véhicules pourraient ne pas être prêts aux dates prévues (début 2020). Face à cette incertitude et pour éviter que dès cet automne aucun Américain ne séjourne à bord de la Station spatiale internationale, la Nasa envisagerait d'acheter deux nouvelles places à bord du Soyouz russe.

    Une nouvelle fois, la Nasa pourrait être contrainte d'acheter des places à bord des véhicules Soyouz pour envoyer deux de ses astronautes à bord de la Station spatiale internationale. Afin de se prémunir d'un nouveau retard, aujourd'hui prévisible, dans la mise en service des systèmes de transports spatiaux habités de SpaceX et de Boeing, elle envisagerait d'acheter deux sièges. L'un pour un vol prévu à l'automne 2019 et l'autre pour un vol au printemps 2020.

    Si les deux industriels prévoient toujours une mise en service début 2020, voire fin 2019, la Nasa est plutôt circonspecte. Son dernier planning, mis à jour en décembre 2018, ne l'est déjà plus ! Il y a seulement deux mois encore, elle prévoyait que SpaceX réalise un vol d’essai inhabité en janvier et un premier vol de démonstration habité en juin. Quant à Boeing, son vol d'essai inhabité était prévu en mars et le suivant habité en août. Or, SpaceX a décalé au 2 mars son premier vol d'essai et rien n'indique aujourd'hui que Boeing sera en mesure de réaliser le sien à la date prévue.

    Incertitude sur la date de mise en service des taxis de l'espace de Boeing et SpaceX

    Si la mise en service de ces deux taxis de l’espace devait être retardée une nouvelle fois de plusieurs mois, ces deux sièges supplémentaires garantiront à la Nasa que ses astronautes pourront accéder à bord du complexe orbital et y séjourner jusqu'en septembre 2020. Date à laquelle la Nasa s'attend à ce qu'au moins un des deux véhicules soit opérationnel.

    La Nasa, qui veut se défaire de cette dépendance russe pour la rotation des équipages depuis 2017 a bien du mal à s'en passer. En 2015, elle signait un contrat de transport avec les Russes jusqu'en 2018 et qui devait être le dernier. Or, le retard dans le développement du Crew Dragon de SpaceX et du Starliner de Boeing l'a contrainte à acheter, en 2017, cinq nouvelles places à bord de Soyouz par l'intermédiaire de Boeing.

    Le dernier prix officiellement connu d'un aller-retour à bord d'un Soyouz était de 81,7 millions de dollars.


    La Nasa devra de nouveau acheter des places à bord des Soyouz

    Article de Rémy Decourt, publié le 10/08/2015

    Devant le peu d'empressement des décideurs politiques à donner à la Nasa les financements nécessaires au développement des futurs systèmes de transports spatiaux habités de SpaceX et de Boeing, l'agence spatiale américaine est contrainte d'acheter aux Russes de nouvelles places à bord des Soyouz. La Nasa, qui projetait de se défaire de cette dépendance russe pour la rotation des équipages de l'ISS fin 2017, devra vraisemblablement attendre quelques mois de plus, voire plusieurs années.

    La Nasa, qui garantit un accès à la Station spatiale internationale aux astronautes occidentaux, veut se prémunir d'un retard dans le développement des systèmes de transport habités de SpaceX et de Boeing. Même si leur service opérationnel est toujours prévu fin 2017 ou début 2018, la Nasa a tout de même décidé d'acquérir auprès de Roscosmos six allers-retours à bord du complexe orbital pour la période 2018-2019. Les rotations se feront à bord de capsule Soyouz. Il lui en coûtera 490 millions de dollars, soit 81,7 millions de dollars par siège.

    Ce montant couvre également les frais des différentes activités préparatoires à ces vols, comme l'entraînement aux procédures de lancement et d'atterrissage et l'inévitable stage de survie. Les tarifs ont une nette tendance à l'augmentation puisque, pour l'année 2017, le prix du siège facturé par Roscosmos à la Nasa était de 76,3 millions de dollars, de 50 millions pour la période 2011-2012 et de seulement 26,3 lors du retrait de la navette en juillet 2011. Ces places ne seront pas seulement occupées par des astronautes américains. La Nasa a en effet en charge l'acheminement des astronautes de ses partenaires européens, canadiens et japonais vers et depuis l'ISS, sauf ceux qui effectuent des vols pour le compte de leur propre agence spatiale.

    Cette décision de la Nasa peut surprendre, d'autant plus que le développement des deux futurs taxis de l'espace, le CST-100 de Boeing et le Dragon V2 de SpaceX, se poursuit normalement et que l'ISS est reconfigurée pour les accueillir. Elle s'explique moins par la crainte d'un retard dans la mise au point des deux capsules que par une difficulté de financement de ce développement dans le cadre du contrat CCiCap (Commercial Crew Integrated Capability).

    Les deux premiers vaisseaux spatiaux privés capables de transporter des astronautes vers la Station spatiale internationale (ISS). En haut, le CST-100 de Boeing et, en dessous, la version habitée de la capsule Dragon de SpaceX. © Boeing et Space X

    Les deux premiers vaisseaux spatiaux privés capables de transporter des astronautes vers la Station spatiale internationale (ISS). En haut, le CST-100 de Boeing et, en dessous, la version habitée de la capsule Dragon de SpaceX. © Boeing et Space X 

    Premiers concurrents aux Soyouz prévus fin 2017, au mieux

    Pour l'exercice 2016, qui débute le 1er octobre, la Nasa a fait état d'un besoin de 1,2 milliard de dollars, soit un peu plus de 1 milliard d'euros (l'agence américaine délivre des fonds au fur et à mesure qu'une entreprise franchit des étapes techniques clairement définies). Or, les budgets proposés par le Sénat et la Chambre des représentants des États-Unis sont respectivement de 900 millions et 1 milliard de dollars. Cette limitation n'empêchera pas la mise au point des deux capsules mais rend peu probable de les voir débuter leur service commercial d'ici la fin de l'année 2017.

    Boeing et SpaceX sont les deux entreprises à avoir remporté en septembre 2014 le contrat de la Nasa pour transporter ses astronautes à bord de la Station spatiale internationale et les redescendre sur Terre. Ce contrat CCtCap (Commercial Crew transportation Capability), de 6,8 milliards de dollars (4,2 milliards pour Boeing et 2,6 milliards pour SpaceX), couvre au total six missions de transport d'astronautes vers l'ISS pour chacune des deux compagnies. Elles seront précédées de deux vols d'essai, dont un habité. Le service opérationnel devrait débuter fin 2017 ou début 2018, date à laquelle prendra fin le dernier contrat signé entre la Nasa et Roscosmos portant sur l'achat de places à bord des Soyouz russes.

    Source: https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/acces-espace-nasa-negocie-nouvelles-places-bord-capsules-soyouz-59294/?fbclid=IwAR1dDajkVFXZD8DwBq9tRM7bQqMPsA2MsBkaQEOl3Hlgp3AoqtN8ZDmhPEA#utm_content=futura&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=futura

  • LE 27.02.2020: Actualité de la météo,de l'astronomie et de la science/ Mars: où et comment le rover Mars 2020 va chercher des traces de vie.

    Mars : où et comment le rover Mars 2020 va chercher des traces de vie

     

    Journaliste

    Capture mars 2020

    La vie a-t-elle un jour prospéré sur Mars ? C'est l'une des questions fondamentales que le rover Mars 2020 est chargé d'éclaircir. Son lancement est prévu pour le mois de juillet prochain. Une fois posé sur la Planète rouge, il ramassera des échantillons soigneusement sélectionnés. Leur analyse apportera des réponses.

     

    L'objectif de la mission Mars 2020 menée par le Jet Propulsion Laboratory de la Nasa (États-Unis) est d'explorer la Planète rouge à l'aide d'un rover, de récolter des échantillons de sol, des roches et des sédiments. Après avoir été scellés dans des tubes, seulement trois douzaines d'entre eux devraient pouvoir être ensuite ramenés sur Terre pour analyse. C'est très peu pour les chercheurs qui espèrent retracer ainsi l'histoire d'une planète entière et trouver quelques traces d'une vie passée. Pour satisfaire l'ensemble des chercheurs impliqués, les échantillons devront être minutieusement sélectionnés.

    Si la vie a existé sur Mars, elle était probablement de forme microbienne

    « Si la vie a existé sur Mars, elle était probablement de forme microbienne. Avec Mars 2020, nous rechercherons donc quelque chose de microscopique », raconte Tanja Bosak, chercheur, dans un communiqué du Massachusetts Institute of Technology (MIT, États-Unis). Quelque chose de microscopique sous une forme fossilisée. Or, les fossiles, quels qu'ils soient, sont relativement rares au regard de la population d'origine. Et plus encore ceux issus de micro-organismes à corps mou. Pour mettre un maximum de chances de leur côté, les scientifiques devront donc, par exemple, s'orienter vers des environnements où cette vie aurait pu être abondante.

    À proximité d'une étendue d'eau. Et c'est pourquoi Mars 2020 explorera le cratère Jezero, identifié sur les images satellites comme un ancien lac alimenté par une rivière. Les instruments qui équiperont le rover donneront aux chercheurs des informations relatives à la composition des sédiments sur place afin de les aider à décider de prélever ou non des échantillons. Des traces de carbonate, de minéraux argileux et de silice amorphe indiqueraient que des fossiles ont pu être conservés.

    Sur cette vue d’artiste, le rover Mars 2020 prélevant des échantillons du sol de la Planète rouge. Des échantillons qui seront stockés sur place en attendant qu’une autre mission vienne les récupérer et les ramène sur Terre pour analyse. © JPL-Caltech, Nasa

    Sur cette vue d’artiste, le rover Mars 2020 prélevant des échantillons du sol de la Planète rouge. Des échantillons qui seront stockés sur place en attendant qu’une autre mission vienne les récupérer et les ramène sur Terre pour analyse. © JPL-Caltech, Nasa 

    Sur Mars, des traces d’une vie microbienne ?

    C'est ensuite le foret et la caméra du rover qui apporteront des indications utiles aux chercheurs. Les processus de fossilisation microbienne donnent en effet naissance à des structures spécifiques et visibles à l'œil. Des structures qui ne peuvent pas être dupliquées par des processus géologiques abiotiques. Il faudra ensuite attendre de voir si l'analyse des échantillons montre bien des précurseurs chimiques de la vie.

    L'autre grande question qui pourrait être élucidée grâce aux échantillons recueillis par Mars 2020 est de savoir pourquoi Mars, une planète initialement chaude, avec une atmosphère significative et de l'eau liquide, est devenue celle que nous connaissons aujourd'hui, une planète froide et aride. « L'une des hypothèses est que Mars a perdu son champ magnétique, puis que son atmosphère a été détruite par le rayonnement solaire. Il n'y avait alors plus d'effet de serre pour garder la planète au chaud et plus de pression suffisante à maintenir une eau liquide », explique Ben Wise, chercheur, dans le même communiqué du MIT.

    Les roches martiennes pourraient bien avoir gardé en elles quelques preuves d'un tel cataclysme. En effet, lorsqu'une roche se forme sur une planète présentant un champ magnétique, les électrons des atomes qui constituent la roche s'alignent suivant ce champ. Sans champ magnétique, ils s'orientent de manière aléatoire. Ainsi, des roches martiennes d'âges différents pourraient montrer des proportions différentes d'électrons alignés.

    Quoi qu'il en soit, les chercheurs attendent beaucoup de Mars 2020. Trouver des traces de vie serait bien sûr remarquable. Mais ne pas en trouver ouvrirait pas mal de questions comme pourquoi Mars est ainsi restée stérile alors même qu'elle ressemble tant à la Terre. Ou, si les preuves se limitent à des traces de chimie prébiotique, les chercheurs pourront se demander pourquoi la vie sur la Planète rouge n'est pas allée plus loin.

     

    CE QU'IL FAUT RETENIR

    • Le rover Mars 2020 s’envolera vers la planète rouge au mois de juillet prochain.
    • Objectif : recueillir une trentaine d’échantillons de sol martien.
    • Des échantillons soigneusement choisis dans lesquels les chercheurs espèrent trouver des traces d’une vie microbienne passée.

    Source: https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/exploration-robotique-mars-mars-rover-mars-2020-va-chercher-traces-vie-73830/?fbclid=IwAR0EH4VKtNDW482EqmV7u4bBnhYiOzaXqqenns7Pu97Uu-d-ZXefrNYEsGg#utm_content=futura&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=futura

  • LE 26.02.2020: Actualité de la météo,de l'astronomie et de la science/ Katherine Johnson, une figure de la Nasa sortie de l'ombre.

    Katherine Johnson, une figure de la Nasa sortie de l'ombre

     

     

     

    Par Héloïse Chapuis le 25.02.2020 à 09h46

    Le 24 février 2020, la Nasa a rendu hommage à Katherine Johnson, à son génie indispensable à de nombreuses missions de la Nasa, et à la cause féminine et à celle des minorités pour lesquelles elle ne cessa jamais de se battre.

    Katherine Johnson

    Décédée le 24 février 2020, Katherine Johnson a CONTRIBUÉ À DE NOMBREUSES MISSIONS DE LA NASA, ET S'EST TOUJOURS BATTUE POUR LA CAUSE FÉMININE ET CELLE DES MINORITÉS

    NASA

    Le 24 février 2020, la mathématicienne et informaticienne américaine Katherine Johnson décède à l'âge de 101 ans, laissant derrière elle l'héritage de son génie, mis au profit de nombreuses missions spatiales, qui permis notamment à Apollo 11 d'envoyer les premiers hommes sur la Lune. Elle demeurera dans les consciences pour son inestimable contribution au travail de la Nasa, ainsi que pour son infaillible dévouement à la cause féminine et à celle des minorités pour lesquelles elle ne cessa jamais de se battre. La Nasa lui a rendu hommage dans de nombreux tweets et dans une page dédiée à la célébration de ses accomplissements.

    NASA✔@NASA

    With slide rules and pencils, Katherine Johnson’s brilliant mind helped launch our nation into space.

    No longer a Hidden Figure, her bravery and commitment to excellence leaves an eternal legacy for us all: https://youtu.be/E8wBJ71zJ34 

    Vidéo intégrée

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    17:16 - 24 févr. 2020

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    Katherine Johnson, poussée par sa passion pour les mathématiques

    Née le 26 août 1918 en Virginie-Occidentale de parents d'origine africaine, dans une Amérique qui respecte encore des lois ségrégationnistes, Katherine Johnson, née Coleman, fait rapidement preuve d'une incroyable aisance avec les nombres. Avec plusieurs années d'avance sur ses camarades, elle obtient son diplôme de fin de lycée à 13 ans, avant d'intégrer l'université d'État de Virginie-Occidentale. A l'âge de 18 ans, diplômée d'un baccalauréat (l'équivalent de la licence) de mathématiques et d'un autre de français, elle débute une carrière dans l'enseignement en école publique.

    En 1939, elle est sélectionnée avec deux autres étudiants afro-américains pour accéder au programme de deuxième cycle de mathématiques offert par l'université de Virginie-Occidentale. Une opportunité qu'elle décide d'abandonner au bout d'une session pour fonder une famille avec son époux James Goble. En 1952, un proche lui signale des postes vacants dans la section informatique de la zone ouest du laboratoire de Langley du Comité consultatif national pour l'aéronautique (National Advisory Committee for Aeronautics' ou NACA).

    Johnston intègre cette équipe entièrement constituée de femmes noires, dont le travail consiste à effectuer manuellement des calculs complexes pour les ingénieurs, durant l'été 1953. Elle passe les quatre années qui suivent à analyser les données d'essais en vol et à enquêter grâce à la boite noire sur un accident d'avion causé par des turbulences de sillage. En 1956, son mari décède d'un cancer. Puis, en 1957, l'Union soviétique lance en orbite le satellite Sputnik, premier satellite artificiel de l'Histoire. L'URSS creuse l'écart avec les Etats Unis dans la course à l'espace qui oppose les blocs soviétiques et américains, un coup dur qui mène, l'année suivante, à l'incorporation de la NACA à la National Aeronautics and Space Administration (NASA), pour laquelle Johnston travaillera jusqu'en 1986.

    Women@NASA✔@WomenNASA

    Mathematician. Leader. Heroine.

    Katherine Johnson not only helped calculate the trajectories that took our Apollo astronauts to the Moon — she was champion for women and minorities in the space program and the world as a whole. We honor her memory today. https://go.nasa.gov/2HPnx31 

    Before microchips, before electronic calculation, before nanosecond data processing, the human brain deciphered the most difficult numeric equations. In NASA's early years that meant flesh-and-blood computers, mathematically gifted individuals tasked with analysis and verification of complex aerospace data.

Among NASA's human computers, today one of the most recognized is Katherine Johnson.

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    16:06 - 24 févr. 2020

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    Un cerveau auquel la NASA doit les calculs de nombreuses missions

    A partir de 1958, Katherine Johnson travaille pour le Space Task Group, un groupe entièrement blanc et masculin au sein duquel ses connaissances en géométrie analytique lui permettent de faire ses preuves. Elle prend le nom de son nouveau mari James A. Johnson, l’année qui suit. En 1960, elle a coécrit avec l'ingénieur Ted Skopinski un rapport dans lequel ils inscrivent les équations qui décrivent la trajectoire d’un vol spatial orbital. C’est la première fois qu'une femme est créditée comme auteure d'un rapport de recherche. 26 rapports de recherche se succèderont durant le reste de sa carrière.

    En 1961, elle fait des calculs de trajectoire pour la mission Freedom 7 d'Alan Shepard, qui permet pour la première fois aux américains un humain dans l’espace. Johnson contribue au reste du programme Mercury de 1961 à 1963, qui continue sur la lancée de Freedom 7. Son palmarès déjà impressionnant est complété en 1962 par le travail pour lequel elle restera connue : la mission Friendship 7. L’astronaute John Glenn lui demande de vérifier les calculs informatiques de la trajectoire de sa capsule du décollage à l’entrée en orbite, soucieux à l’idée de confier son destin à des ordinateurs sensibles à de nombreux facteurs comme des coupures d’électricité. "Si elle dit qu'ils sont bons, alors je suis prêt à partir", entend Jonhson de la part de Glenn dont la confiance porte ses fruits : le vol est un succès et marque un tournant dans la compétition entre les États-Unis et l'Union soviétique dans l'espace. En 1969, elle fait partie de l’équipe qui calcule les trajectoires du module lunaire Apollo lors de sa remontée de la surface de la Lune.

    Une femme de couleur qui a brisé bien des barrières

    Femme de couleur, Katherine Johnson a su, par son intelligence et sa persévérance se faire une place dans un milieu d’hommes blancs. Elle est de nombreuses fois récompensée pour ses accomplissements au fil de sa carrière, notamment en 2015, lorsque le président américain Barack Obama lui octroie la médaille présidentielle de la liberté, la plus haute distinction civile américaine. Le Centre de recherche informatique Katherine G. Johnson sort officiellement de terre en 2016, un hommage à son travail auquel Johnson a réagi en 2017. Finalement, la carrière de Johnson est retracée dans Hidden Figures : The American Dream and the Untold Story of the Black Women Mathematicians Who Helped Win the Space Race, ainsi que celle de Dorothy Vaughan et Mary Jackson. Le film Hidden Figures basé sur ce livre sort la même année. Par son travail et son dévouement aux mathématiques et à la conquête spatiale, Johnson a brisé les barrières de race et de genre qu’elle n’a pas laissées étouffer son génie. Et la Nasa, mais aussi les femmes et les personnes de couleur, l’en remercient.

    Source: https://www.sciencesetavenir.fr/espace/katherine-johnston-une-figure-sortie-de-l-ombre-a-quitte-ce-monde_141846

  • LE 26.02.2020: Actualité de la météo,de l'astronomie et de la science/ Mars : d'où viennent les centaines de séismes détectés par InSight ?

    Mars : d'où viennent les centaines de séismes détectés par InSight ?

     

    Journaliste

    Les premiers résultats fournis par le sismomètre Seis durant sa première année d'opérations sur Mars ont été rendus publics aujourd'hui. Ils montrent que la planète Mars est sismiquement active mais avec une séismicité bien différente de celle de la Terre. Les explications de Philippe Lognonné, architecte du sismomètre Seis, responsable scientifique et investigateur principal de la mission, de Ludovic Margerin, sismologue planétaire, et de Philippe Labrot, porte-parole à l'Institut de physique du globe de Paris de la mission InSight.

    Les premiers résultats scientifiques de Seis, le sismomètre français large bande martien qui écoute quotidiennement et patiemment l'activité de la planète rouge, ont été publiés aujourd'hui. Quarante-quatre ans après la première tentative des sondes Viking, Seis (Seismic Experiment for Interior Structure) vient de permettre à une nouvelle discipline planétaire, la sismologie martienne, de voir enfin le jour.

    Cette discipline, qui permet d'étudier la structure interne de la planète, est fondamentale pour mieux comprendre l'histoire et le destin de Mars en expliquant comment la planète s'est formée, refroidie et comment elle évoluera dans le futur. Comme sur Terre, où la tectonique des plaques a probablement joué un rôle important dans l'apparition de la vie, cette étude peut également fournir des informations sur l'histoire de la vie martienne, bien que cette planète soit, selon nos connaissances actuelles, mono plaque.

    Techniquement, l'instrument fonctionne très bien. Installé sur le sol de la planète depuis le mois de décembre 2018 et mis en service en février 2019, l'instrument a détecté depuis cette date « plus de 300 événements et fourni de nombreux résultats aux planétologues », nous explique Philippe Labrot, porte-parole à l'Institut de physique du globe de Paris de la mission InSight. Parmi ces événements, on compte une « dizaine de séismes de magnitude 3 à 4 ». Si la majorité des événements sont bel et bien de nature sismique, alors le nombre de secousses, particulièrement important, est comparable à celui « observé sur les zones terrestres non affectées par la tectonique de plaques (contrairement à la Terre et ses multiples plaques, Mars serait constituée d'une seule plaque), ou associées à des points chauds ». Les données actuelles suggèrent que la « Planète rouge aurait une activité deux à trois fois plus faible que l'activité sismique intra-plaque terrestre, et 10 à 20 fois supérieure à celle de la Lune ».

    Spectrogrammes et formes d’ondes du premier séisme jamais enregistrés sur Mars au cours du sol 128 (7 avril 2019) par les capteurs courte période (SP, en haut) et les capteurs très large bande (VBB, en bas) du sismomètre Seis. Pour pouvoir être audible par l’oreille humaine, le signal a subi une sonification. De gauche à droite, il est possible d’entendre les vents qui balayent le site d’atterrissage, le séisme lui-même, et enfin les mouvements du bras robotique. © Nasa, JPL-Caltech, Cnes/IPGP, Imperial College London

    Spectrogrammes et formes d’ondes du premier séisme jamais enregistrés sur Mars au cours du sol 128 (7 avril 2019) par les capteurs courte période (SP, en haut) et les capteurs très large bande (VBB, en bas) du sismomètre Seis. Pour pouvoir être audible par l’oreille humaine, le signal a subi une sonification. De gauche à droite, il est possible d’entendre les vents qui balayent le site d’atterrissage, le séisme lui-même, et enfin les mouvements du bras robotique. © Nasa, JPL-Caltech, Cnes/IPGP, Imperial College London 

    Le travail de nuit paye !

    Sur Mars, le meilleur moment de la journée pour écouter ses tremblements, se situe à partir de 17 h-18 h jusqu'à minuit. Durant cette période, le niveau de bruit s'effondre pour atteindre une valeur 500 à 1.000 inférieure à celle de la Terre -- le bruit mesuré par Seis devient même plus faible que celui enregistré sur la Lune par les sismomètres Apollo ! Le reste du temps, l'activité de l'atmosphère martienne devient de plus en plus turbulente, au point que le niveau de l'intensité des perturbations (pour les signaux de moins d'une seconde de période) rejoint celui de la Terre. Étonnement, le nombre de séisme et d'événements sismiques est en augmentation constante depuis la mise en service de Seis. Pour expliquer ce phénomène, les scientifiques, excluant toute interférence de l'instrument, avancent l'hypothèse « d'une hausse d'origine naturelle » qui pourrait, par exemple, être « due à un phénomène périodique, impliquant un réchauffement saisonnier ou la position occupée par Mars sur son orbite ».

    Le saviez-vous ?

    Les séismes martiens sont classés en deux populations principales : des séismes dit de basse fréquence (avec une énergie située majoritairement sous 1 Hz, c'est-à-dire une vibration par seconde), et des séismes de haute fréquence (avec un contenu énergétique supérieur à 1 Hz).

    On notera que, si tous les événements de basse fréquence (à cause de leur richesse en information) sont bien des séismes, pour les événements de haute fréquence, qui sont les plus nombreux, les sismologues sont prudents et sont presque certains que tous ne sont pas des séismes. Certains sont peut-être des glissements de terrain, des chutes de pierre, ou des phénomènes météo qui n'ont pas été détectés.

    Dans l'état actuel des investigations, quand on fait référence à l'ensemble des observations depuis l'installation du sismomètre au sol, il est donc préférable d'être prudent et de parler plutôt d’événements que de séismes.

    Ces séismes de haute fréquence, « qui sont de loin les plus nombreux, et dont la magnitude est faible », seraient plus superficiels. Leurs signaux, très ténus et pauvres en information, empêchent tout positionnement de leur épicentre, même partiel, sur la carte de Mars. Le premier d'entre eux « a été détecté en avril 2019 lors de sol 128 ». Il s'est vu « attribuer une magnitude de seulement 2.1 ». Si l'origine de cet événement demeure pour l'instant inconnue, la « profondeur du foyer sismique, d'où les ondes émanaient, serait supérieure à 5 kilomètres ». Le séisme aurait pris son origine dans la croûte, sur un cercle situé à une distance de 530 kilomètres de l'atterrisseur InSight. « Sur Terre, ce type d'événement sismique aurait été imperceptible. »

    Spectrogramme récapitulatif indiquant l’origine des séismes martiens détectés depuis le sol 80 jusqu’au sol 400 (hors période de conjonction solaire), en fonction de l’heure de la journée sur Mars. Entre 17 h et minuit environ, la planète devient très calme, ce qui ouvre une fenêtre de détection extrêmement avantageuse pour Seis. Durant cette période, le niveau de bruit diminue d’un facteur 100, pour devenir 500 à 1.000 fois plus faible que le bruit terrestre. Cela permet à Seis d’explorer des plages de fréquences qui sont sur Terre inexploitables à cause des niveaux de bruits ambiants très élevés. © Nasa InSight, Seis Team

    Spectrogramme récapitulatif indiquant l’origine des séismes martiens détectés depuis le sol 80 jusqu’au sol 400 (hors période de conjonction solaire), en fonction de l’heure de la journée sur Mars. Entre 17 h et minuit environ, la planète devient très calme, ce qui ouvre une fenêtre de détection extrêmement avantageuse pour Seis. Durant cette période, le niveau de bruit diminue d’un facteur 100, pour devenir 500 à 1.000 fois plus faible que le bruit terrestre. Cela permet à Seis d’explorer des plages de fréquences qui sont sur Terre inexploitables à cause des niveaux de bruits ambiants très élevés. © Nasa InSight, Seis Team 

    Cerberus Fossae : la première zone sismique active jamais découverte sur Mars

    Quant aux séismes de basse fréquence, « de dix à vingt ont été enregistrés avec des magnitudes de 3 ou 4 dont deux se sont avérés particulièrement intéressants ». Détectés lors de sol 173 et 235 (ce dernier étant accompagné d'une réplique), leur épicentre a été localisé à quelque 1.600 kilomètres d'InSight. Les ondes sont arrivées depuis l'est, à partir d'une région baptisée Cerberus Fossae, sur laquelle les sismologues ont les yeux rivés depuis déjà fort longtemps. Il s'agit d'un immense système de failles situé à l'est de la plaine d'Elysium où InSight s'est posé, et qui s'est probablement formé lors de la mise en place d'Elysium Mons, le second complexe volcanique de Mars, pour la taille, après le dôme de Tharsis et son volcan géant Olympus Mons.

    Ancien siège d'une activité volcanique, fluviale et éolienne (dont les plus récents témoignages datent de 10 à 2 millions d'années seulement), le champ de fractures de Cerberus a apparemment accumulé dans son histoire des nombreuses contraintes, dont certaines ne sont pas encore relâchées. Grâce aux images fournies par les satellites orbitant autour de Mars, tout indique que les failles de Cerberus Fossae seraient encore actives, et continueraient à jouer encore aujourd'hui.

    Sonder la structure interne de la planète

    Grâce aux séismes les plus importants détectés jusqu'à présent, les scientifiques ont pu commencer à étudier la croûte supérieure de la planète et si l'on se fie aux données enregistrées par le sismomètre Seis, l'hypothèse la « plus vraisemblable est que Mars soit couverte d'un régolithe poreux et fracturé assez épais, probablement d'une dizaine de kilomètres », souligne Ludovic Margerin, directeur de recherches et également co-investigateur de la mission. Les données montrent une strate d'une épaisseur de 8 à 11 km, et constituée de matériaux volcaniques très altérés ou fracturés qui « pourrait suggérer un contact prolongé avec de l'eau ».

    Plus en profondeur, se trouverait une couche plus homogène et cohérente qui « pourrait descendre jusqu'à la limite de Mohorovičić, une discontinuité marquant le début du manteau qui n'a cependant pas encore été détecté ». Si la croûte martienne commence à livrer ses secrets, l'objectif ultime d'InSight est de lever le voile sur la structure interne de la planète entière. Comme l'explique Ludovic Margerin, il y a de très gros efforts « qui sont mis dans l'exploitation des signaux sismiques enregistrés ». La profondeur de la discontinuité croûte-manteau (Moho) sous InSight devrait « être déterminée dans les semaines qui viennent ». Par ailleurs, plusieurs événements enregistrés à distance télésismique ont « vraisemblablement  échantillonné le manteau martien de sorte que la structure de ce dernier devrait donc être précisée dans les mois qui viennent ».

    En conclusion, la grande majorité des tremblements qui secouent la surface martienne sont de très faible intensité, tandis que les séismes significatifs, d'une magnitude supérieure à 4, sont manifestement plus rares que prévu. De ce point de vue, si la planète Mars est sismiquement active, même si l'on a pour l'instant pas d'indication précise sur la profondeur ou la nature des sources, sa séismicité est bien différente de celle de la Terre. La détermination de la structure interne martienne pourrait donc être plus longue et délicate que prévu.

    Première carte globale de séismicité pour la planète Mars. La très grande majorité des séismes martiens ne peuvent pas pour l’instant être localisés précisément. Seule, la distance à la station de mesure InSight peut être déterminée, tandis que l’orientation par rapport aux points cardinaux demeure inconnue, d’où une répartition approximative sur des cercles. © IPGP, Nasa InSight, Seis team

    Première carte globale de séismicité pour la planète Mars. La très grande majorité des séismes martiens ne peuvent pas pour l’instant être localisés précisément. Seule, la distance à la station de mesure InSight peut être déterminée, tandis que l’orientation par rapport aux points cardinaux demeure inconnue, d’où une répartition approximative sur des cercles. © IPGP, Nasa InSight, Seis team 

    Trois questions à Philippe Lognonné, architecte du sismomètre SEIS, responsable scientifique et investigateur principal de la mission. Il est aussi responsable de l'équipe planétologie et sciences spatiales de l'Institut de physique du globe de Paris.

    Que nous apprennent ces résultats de la connaissance de la planète, si ce n'est qu'il s'agit d'une planète active  ?

    Philippe Lognonné : Le principal résultat est effectivement la découverte d'une activité sismique mais plus encore le fait que les plus gros séismes détectés sont dans la région de Cerberus. On pensait que Cerberus avait eu une activité dans les quelques derniers dizaines de millions d'années, mais avoir encore là des séismes de magnitude 3,5 suggère que cette activité locale continue.

    La seconde découverte est la mise en évidence de 10 km de croûte altérée, au dessus d'une croûte plus consolidée. Cette altération ne résulte pas uniquement d'impacts de météorites, mais aussi du passé de l'activité de Mars, y compris quand il y a plusieurs milliers d'années, il y avait une une circulation d'eau dans la croûte et de l'eau à la surface. C'est la première fois que l'on quantifie ainsi le volume de la croûte altérée, et il va falloir maintenant comprendre ce que ce volume signifie en terme de processus d'altération.

    Enfin, troisième résultat, le fait que la croûte profonde soit vue par les ondes sismiques comme la croûte cristalline terrestre.

    Quel résultat vous a le plus surpris ?

    Philippe Lognonné : Le plus surprenant est sûrement la concentration des séismes dans Cerberus.

    Encore une année d'activité pour le sismomètre. Qu'attendez-vous des prochaines données ?

    Philippe Lognonné : Statistiquement, nous nous attendons avec une année de plus, en doublant la durée, à quelques séismes avec des signaux deux fois plus grands au moins. Nous nous attendons donc maintenant à des séismes plus forts, celui qui frôlera ou dépassera la magnitude 4,5, ou à un premier impact de météorite localisé, qui nous permettront de mesurer l'épaisseur de la croûte et d'aller plus profond encore.

    Nous travaillons aussi à la mission étendue, d'une nouvelle année martienne, soit 687 jours.

    Source: https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/mars-mars-viennent-centaines-seismes-detectes-insight-79733/#utm_content=futura&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=futura

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